Etat d’urgence : La France met les dividendes en «confinement»

Etat d’urgence : La France met les dividendes en «confinement»

L’Etat français, à travers le ministre des finances Bruno Le Maire, a intensifié ses appels aux entreprises pour supprimer les dividendes en cette période de crise. Afin de pouvoir soutenir les travailleurs en chômage technique et d’aider au maximum les entreprises à « rester à flot », l’Etat demandent ainsi aux actionnaires de renoncer à leurs bénéfices.

Qu’est-ce que les dividendes ?

Pour comprendre cette décision de l’Etat française, il est tout d’abord important qu’est-ce que les dividendes. Un dividende est la distribution d’une partie des bénéfices de la société, décidée et gérée par le conseil d’administration de la société, et versée à une catégorie de ses actionnaires. Les sociétés versent généralement des dividendes en espèces au compte de courtage de l’actionnaire, bien que certaines versent plutôt des dividendes en actions nouvelles. Les entreprises peuvent également proposer des programmes de réinvestissement des dividendes, qui permettent aux investisseurs de réinvestir le dividende dans les actions de l’entreprise, souvent à escompte. Le conseil d’administration d’une entreprise doit approuver chaque dividende. La société annoncera alors quand le dividende sera payé, le montant du dividende et la date ex-dividende.

Une décision prise pour soutenir les travailleurs en chômage partiel

Plus particulièrement pour les entreprises profitant des aides de l’Etat ou ayant comme actionnaire majoritaire ou non l’Etat, les demandes des autorités sont claires : ne pas verser de dividendes aux actionnaires cette année. Dans son discours sur BFMTV, le ministre français des finances, Bruno Le Maire a incité les entreprises à faire très attention à leur dividende en cette période de crise. Il a ajouté que pour montrer l’exemple, il est vivement conseillé de ne pas verser de dividende. Il s’est également exprimé sur le rachat d’action en prohibant totalement tout rachat d’action en cette période de crise.

Le Maire avait également déclaré que les entreprises qui souscrivent un prêt soutenu par l’État ou retardent le paiement des impôts pour les aider à survivre à la crise des coronavirus ne pourront pas verser de dividendes cette année. Le chômage partiel semble être un autre mécanisme important pour soutenir les entreprises car, en fait, l’État paiera 70% du salaire pour les heures de travail des employés. Les entreprises françaises ont déjà demandé de placer 2,2 millions de travailleurs en congé temporaire.

Une décision acceptée par la plupart des entreprises françaises

Un certain nombre de grandes entreprises françaises telles que l’avionneur Airbus et la chaîne de supermarchés Auchan ont déjà déclaré qu’elles ne paieraient pas de dividendes cette année. En plus de la coercition, les entreprises ont une incitation économique importante à ne pas verser de dividendes – cela leur permet de conserver des liquidités au cas où le financement deviendrait difficile ou coûteux à obtenir.

D’autres entreprises comme l’opérateur de transport Transdev n’est cependant pas d’accord avec la décision. Pour ce géant des transports, son dividende à hauteur de 23 millions d’euros sera bel et bien versé. Cependant, les bénéficiaires ne pourront tirés partis du dividende qu’à la fin de la crise sanitaire. Côté banques, la distribution des bénéfices reste intacte. Et malgré les quelques pressions de la Banque Centrale Européenne, les actionnaires reçoivent toujours leurs dû.

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